Consommer éthique sans devenir végan : mode d’emploi

Je vous ai parlé dernièrement de consommation éthique et de mode. Aujourd’hui, j’ai eu envie d’élargir le sujet au fait de consommer éthique au sens large. Pour ne rien vous cacher, c’est la dernière vidéo de Coline, sur son « véganiversaire » qui m’a donné envie de parler de cela (qui est en fait une série de deux vidéos, que vous pouvez trouver ici et ici). Ce qu’elle dit est intéressant, notamment par rapport aux cosmétiques et son discours est très tolérant. Il existe toutefois d’autres alternatives pour consommer éthique sans adopter un mode de vie végétalien. La preuve en est, je ne suis pas végan. Pour autant, je m’applique à être la plus éthique possible dans les choix que je fais. Il me semble important de prouver que c’est possible, face aux discours culpabilisants qui sont parfois tenus. Il existe toujours plusieurs solutions pour œuvrer dans un même sens. Il suffit juste de trouver la sienne.

Attention aux âmes sensibles, vos préjugés vont avoir la vie dure dans cet article. 😉

Comment consommer ethique sans devenir vegan ?

Consommer éthique : à bas les préjugés

Être végan ne signifie pas consommer éthique

Le véganisme peut être une solution pour ceux qui ont envie d’une vie plus éthique. Mais pour ceux qui n’ont pas envie de franchir le pas et qui se sentent bien dans une alimentation omnivore, il existe également d’autres solutions. Car oui, ce n’est pas le régime alimentaire qui rend la consommation plus éthique. Malheureusement, une personne qui se nourrit principalement de fruits, légumes, oléagineux issus de l’importation aura beau être végan, elle n’aura en aucun cas une alimentation plus éthique. Certes, une moindre consommation de viande permettrait de réduire la production de gaz à effet de serre. Mais si cette réduction est compensée par la pollution liée au transport des aliments, on se fourre de le doigt dans l’œil jusqu’au coude.

Par ailleurs, le régime végan se veut éthique dans le sens où il permet une moindre souffrance animale. Ce qui est très noble à mon sens. Il me semble toutefois pas incompatible de manger de la viande et d’avoir une certaine éthique, car l’éthique ne se résume pas seulement au respect de l’animal. Elle prend aussi tout son sens dans les relations humaines et la valorisation de l’autre. Je pense qu’on ne pourra jamais être à 100% éthique. Il s’agit surtout de faire de son mieux avec les informations qu’on détient.

Consommer bio n’est pas suffisant

Il en va de même pour la consommation bio que pour la consommation végan. Nul ne sert d’acheter des produits bio qui viennent du bout du monde parce que ce sont des efforts vains. Tous les efforts faits par les agriculteurs pour produire de manière plus saine, à leur échelle et dans leur pays sont mis à mal par la chaîne logistique. Le transport est la deuxième source de pollution mondiale.

Qui plus est, quand je vois des fruits et légumes bio dans les supermarchés majoritairement étrangers, je me pose sérieusement des questions. Surtout quand je vois qu’ils sont moins chers que ceux qui viennent de France. Je pense qu’avant de se précipiter dessus, il faut se poser la question de la juste rémunération des producteurs et de la valorisation de la production locale. On ne peut pas se plaindre constamment du marché de l’emploi et de la qualité de ce qu’on a dans son assiette et continuer à consommer de la sorte.

Enfin, les productions massives de fruits et légumes à l’étranger, notamment en Amérique Centrale, sont responsables de déplacement de population etc. Qu’elles soient bio ou non d’ailleurs. Pas très éthique non-plus !

Cela s’applique aux produits alimentaires, mais aussi à bien d’autres choses.

Consommer bio

Consommer des produits « écologiques » n’est pas une solution durable

Pour berner tout le monde, tout un tas d’entreprises ont décidé de commercialiser des produits éco-emballés voire éco-conçus. On blinde les packaging de vert et d’images végétales. C’est là qu’on voit que c’est à la mode de faire attention à la planète. Eh oui, l’écologie fait vendre, parce que « c’est cool ». Génial… Sauf que la vraie écologie et la politique de croissance ne peuvent pas réellement cohabiter. La première option est l’antithèse de l’autre. J’ai envie de dire, au bout d’un moment, il va falloir faire un choix mes petits loups. 🙂 Et on ne peut pas compter sur nos gouvernements pour faire les choix à notre place. Pour comprendre de quoi je veux parler, je vous invite à regarder cette vidéo de Mr Mondialisation sur le greenwashing durable.

Consommer éthique : comment s’y prendre ?

Il existe plein de moyens simples pour être plus sympa avec mère nature et consort. Ce n’est pas sorcier et ça fait faire des économies. Je pense que c’est les deux arguments qui peuvent mettre tout le monde d’accord… Enfin, j’espère.

Se renseigner au maximum

Il est essentiel pour consommer mieux, d’arrêter d’être dupe. Pour avoir travaillé dans le marketing, je peux vous assurer que la transparence, elle est bien souvent effacée à grands coups de discours huilés et d’enrobages de crème glacée ou de crème chantilly. Enfin, à vous de voir ! Surtout quand il s’agit de « greenwashing », puisque les « produits verts » font vendre. Alors qu’ils ne réduisent en rien la pollution car la production reste massive. C’est pourquoi, il est nécessaire de se renseigner un maximum sur les produits qu’on achète, leur provenance, leur production, leur composition etc. Pour cela, il existe plein de sources d’informations. A l’heure d’internet, ce n’est pas ce qu’il manque.

Même si vous n’avez pas toujours de temps pour rassembler un maximum d’informations, il y aura certainement quelqu’un qui aura fait un article ou une vidéo pour vous mâcher le travail.

Il est aussi important de parler autour de soi des pratiques alternatives, pour sensibiliser un maximum de monde. Même s’il y a pas mal de sceptiques, il existe encore beaucoup de gens ouverts mais peu renseignés.

Consommer local pour consommer mieux

Ce n’est un secret pour personne, la consommation locale permet à la fois de réduire l’émission de gaz à effet de serre et de gagner en informations sur les produits que l’on consomme. C’est assez logique puisqu’on réduit le circuit donc les intermédiaires.

Par ailleurs, en favorisant les produits locaux, on valorise l’artisanat. On favorise des personnes qui prennent le temps de faire les choses bien, dans le respect de jolies valeurs. Ce qui implique donc qu’elles produisent en plus petites quantités. On ne va pas se mentir, quantité et qualité, ça n’a jamais fait bon ménage. 😉 C’est pour cela que je dis que le véganisme dans les règles de l’art, c’est plutôt cool. Mais on ne peut pas non-plus dézinguer les omnivores, puisqu’il est possible de consommer en quantités raisonnables, de la viande de qualité, produite par un éleveur qui respecte ses bêtes.

Le problème actuel de l’alimentation omnivore, c’est une consommation de viande démesurée. Les gens veulent absolument manger de la viande à tous les repas, dans des quantités souvent plus importantes que ce qui est préconisé. Pour couronner le tout, il faut que cette viande coûte très peu chère, pour pouvoir en consommer un maximum. Je noircis un peu le tableau, bien que je pense que ça puisse être le cas chez certains. C’est typiquement ce genre d’attitude face à la viande qui encourage l’élevage intensif. Cette consommation fait la part belle à des éleveurs / commerçants peu scrupuleux.

Or, quand on consomme local et on favorise les petites productions. Le problème de la pollution liée à l’élevage se voit bien amoindri.

J’ai pris l’exemple de la viande, mais comme je le dis plus haut, ça peut aussi être le cas pour un certain nombre de produits. Bon, pour ce qui est des cosmétiques et de l’éthique, je donne raison aux végans. Je ne vois pas comment faire autrement, que de consommer des produits non-testés sur de pauvres petites bestioles qui n’ont rien demandé à personne. On ne peut pas dire que les laboratoires font leur test dans le respect des animaux. Ce serait tout bonnement une hérésie.

Citation Gandhi sur le respect de la nature

Réduire ses déchets

Certes les industriels ont lancé des emballages « 90% fibres végétales » peinturlurés en vert, histoire de dire « hé regardez, on est des gens bien, on propose des produits écolos. ». Sauf qu’il ne faut pas croire, ça reste du plastique. Et vous devez le savoir, le plastique est un réel fléau pour l’environnement. Il pollue nos océans, tue les baleines etc. J’en ai d’ailleurs parlé dans un article sur les gommages, ici.

Bien que vous ayez l’impression de faire votre B.A. pour la planète en investissant dans des produits « éco-emballés », sachez qu’il n’y a rien d’éthique dans ce geste. La seule solution viable pour emballer plus éthique reste… de ne pas emballer. 🙂

C’est pour cela, d’ailleurs, que fleurissent les magasins qui vendent en vrac. Il y a souvent des sacs en papier disponibles sur place, mais pour bien faire, il faut venir avec ses propres récipients de stockage : sacs en tissus, bocaux ou bouteilles en verre voire tupperware. Généralement, l’achat en vrac permet de faire des économies. Déjà, vous pouvez prendre uniquement ce dont vous avez besoin. Dans une certaine mesure, ça évite de gâcher. Puis les produits non-emballés coûtent moins chers à produire, donc les prix de vente sont plus bas.

Pour tout ce qui concerne, l’hygiène et les produits ménagers, il existe également beaucoup de solutions zéro-déchet : serviettes hygiéniques et cotons lavables, cup, éponges inusables, produits à confectionner soi-même etc.

Consommer éthique, tout en conservant une alimentation omnivore, c’est possible. Il suffit de prendre le temps de se renseigner sur les solutions disponibles autour de chez soi pour consommer local. Elles sont multiples : AMAP, marchés, achat chez le producteur, Etsy, DIY etc.

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11 responses to “Consommer éthique sans devenir végan : mode d’emploi”

  1. jeanandr dit :

    Le problème du plastique n’est pas le plastique lui même mais l’utilisation que l’on en fait, souvent à usage unique, et son recyclage qui n’est pas encore optimal. Le verre à mon sens est une fausse bonne idée dans le sens où il consomme énormément plus d’énergie pour le faire fondre en comparaison du plastique du coup ok le verre pollue moins cassé dans la nature, mais plus que le plastique quand on le recycle du coup on fait quoi?
    j’ai pour ma part un bidon de 3l en plastique comme ceci https://nettoyer-la-maison.com/stockage-conditionnement/182-bidon-plastique-naturel-3-l-vide-avec-bouchon-muni-d-une-bague-d-inviolabilite.html pour conserver ma lessive DIY il a 4 ans, il est comme neuf. Avant j’avais une bouteille en verre et évidement un jour avec les gosses elle a fini par terre en miette. Je pense que pour chaque utilisation il faut réfléchir et s’adapter
    Verre, plastique, carton, papier, en étant astucieux tout peut se combiner pour limiter au maximum les déchets tout en ne se prenant pas la tête au quotidien.

    • loula dit :

      Hello, merci pour ton commentaire. 😊 En effet si je dis que la consommation de plastique doit être réduite c’est que je pense qu’il a trop été utilisé à mauvaise escient ces dernières années. Quand on voit qu’il y a des continents de plastique dans les océans, ca pose question. Il y a aussi le fait que les industriels mettent tout et n’importe quoi dedans. On a bien vu ce que ça a donné avec le bisphénol A. Après je ne suis pas une experte en chimie mais ça me laisse perplexe pour ma santé. Pour tout ce qui est d’usage menager, c’est vrai qu’avec des enfants, le verre n’est peut être pas la meilleure des solutions. 😉

  2. Emilie dit :

    Merci beaucoup je vais aller consulter ces vidéo. J’ai pensé à utiliser une application, Fitatu, afin de voir la quantité de protéines que je consomme au cours de la journée et réajuster mes apports si ces derniers son trop faibles.

  3. Un article qui mène à réfléchir sur sa façon de consommer très agréable à lire. 🙂
    Je fais moi même attention depuis quelques temps. Ca se fait petit à petit. J’ai commencé par remplacer mes gels douches par des ssf fabriqués près de chez moi puis de fils en aiguille, je me fourni auprès de producteurs locaux au marché & j’essaie de réduire mes déchets. Rien n’est jamais parfait, mais je pars du principe qu’il n’y a pas de petit geste. Récemment, j’ai même commencé à me renseigner sur la mode éthique, afin de mieux gérer mes achats pour qu’ils soient durables dans le temps. Step by step, comme on dit. 🙂
    Bises
    Amélie

  4. AuroreVoyage dit :

    Je pense que ton article est louable cependant il y a quelques raccourcis un peu faciles concernant les végans. Je te conseille très vivement la lecture d’un merveilleux livre « Plaidoyer pour les animaux » de Mathieu Ricard, qui est également un plaidoyer pour la planète et pour l’être humain. Merci toutefois pour tous les efforts que tu fais, et ta prise de conscience :).

  5. Lugdiyvine dit :

    J’ai adoré ton article !
    Je me retrouve complètement dans ton article.
    Les produits éthiques et locaux sont ma priorité.
    N’étant pas vegan (ni vegétarienne), je ne souhaite pas me fermer à tous les bienfaits qu’apportent le miel à mon organisme ou la chaleur de la laine !

    A très bientôt !

    • loula dit :

      Merci beaucoup pour ton enthousiasme ! 😀 Ça fait chaud au cœur. Tout pareil, j’adore le miel et les gros pulls en laine. 😉

  6. cali55 dit :

    Personnellement, je suis vegane depuis un petit moment, enfin du mieux que je peux je ne suis pas parfaite et je fais encore beaucoup de boulettes, et je ne reviendrais pas en arrière.
    Mon compagnon a le même cheminement que moi et c’est venu comme une évidence.
    Cependant, nous voulons mettre notre pierre à l’édifice pour plein d’autres causes : les animaux, bien sûr, mais également le Fair trade et l’environnement, pour ne citer qu’eux.
    Nous essayons d’acheter le plus local possible, le plus zéro déchet (c’est très difficile je trouve), mais nous voulons essayer de tout concilier car pour nous toutes les causes comptent et sont importantes.
    Alors oui on doit se creuser la tête, beaucoup réfléchir, vérifier la composition des produits, leur provenance, mais on estime que ça en vaut la peine.
    Merci pour ton article qui permet aussi de voir un autre point de vue que le point de vue végane auquel j’adhère à 100%, ça me permet de donner des clés à mes proches qui ne veulent pas être véganes mais veulent aussi apporter leur pierre à l’édifice 😉
    A mon sens, végane ou pas, chaque geste a son importance tant que l’on consomme intelligemment, et pas aveuglément.

    • loula dit :

      Merci pour ce commentaire plein de tolérance. Ca fait plaisir à lire. 😁💜 Je comprends que ce ne soit pas un mode de vie facile à adopter. Ça change pas mal de choses dans un quotidien. Je te rassure je suis loin d’être parfaite non plus. L’essentiel c’est de faire de son mieux avec ses contraintes, de s’informer et de s’entraider en partageant ses petites astuces autour de soi. 😊✨

  7. Emilie dit :

    Très très bon article merci du partage.
    Quels sont les bienfaits santé d’un tel régime, n’y-a-t-il pas des risques de carences, je précise que je veux arriver à devenir totalement végane !

    • loula dit :

      Hello Émilie, 😊
      Merci pour ton commentaire.
      Je ne suis pas vegane donc je vais avoir du mal à t’aiguiller correctement sur le sujet. Je te conseille d’aller voir la chaîne YouTube de Coline (en lien au début de l’article), qui est calée à ce sujet, ou celle d’Esther, qui a établi un programme pour le devenir et éviter les carences.
      Bisous ✨💜

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